Notre Chimère

L'insolite et le Fantastique

Histoire de la Chimère

La Chimère : créature mythologique

Dans la mythologie grecque, la Chimère est une créature mauvaise, produit difforme du monstre Echidna (voir Le Bestiaire) et de Typhon (voir Le Bestiaire).

La Chimère a aussi comme frères et soeurs le Cerbère (voir Le Bestiaire), le Sphinx (voir Le Bestiaire), les terribles Harpies et la multicéphale Hydre de l'Erne.

La Chimère, elle aussi, est un être composite : lion par le devant, un corps de chèvre et une queue de serpent (ou de dragon, selon les écrits), elle a aussi trois têtes : de lion et de serpent aux deux extrémités, de chèvre à mi-corps. Certaines représentations la montrent également les trois têtes en avant : lion et chèvre d'un côté et de l'autre, et le serpent au centre, dont le corps longe la colonne vertébrale et fini en queue reptilienne. C'est un monstre femelle vomissant des flammes.

La première mention écrite de la Chimère apparaît dans le livre VI de l'Iliade d'Homère. Il y est conté par le fils de Hippolokhos (qui se nomme Glaucos, comme son arrière- arrière grand-père), l'histoire du héros Bellérophon dont le destin se mêle mortellement à celui de la Chimère. C'est sur le champs de bataille opposant les Troiens et les Akhaiens que celui-ci informe le héros Diomèdès, fils de Tydeus, sur sa race.

"Mais si tu veux savoir qu'elle est ma race que connaissent de nombreux guerriers, sache qu'il est une ville, Epyré, au fond de la terre d'Argos féconde en chevaux. Là vécut Sisyphos, le plus rusé des hommes, Sisyphos Aiolidès ; et il engendra Glaukos, et Glaukos engendra l'irréprochable Bellérophontès, à qui les Dieux donnèrent la beauté et la vigueur charmante. Mais Proitos, qui était le plus puissant des Argiens, car Zeus les avait soumis à son sceptre, eut contre lui de mauvaises pensées et le chassa de son peuple. Car la femme de Proitos, la divine Antéia, désira ardemment s'unir au fils de Glaukos par un amour secret ; mais elle ne persuada point le sage et prudent Bellérophontès ; et, pleine de mensonge, elle parla ainsi au roi Proitos :

-Meurs, Proitos, ou tue Belléronphontès qui, par violence, a voulu s'unir d'amour à moi.

Elle parla ainsi, et, à ces paroles, la colère saisit le Roi. Et il ne tua point Bellérophontès, redoutant pieusement ce meurtre dans son esprit ; mais il l'envoya en Lykiè avec des tablettes où il avait tracé des signes de mort, afin qu'il les remît à son beau-père et que celui-ci le tuât. Et Bellérophontès alla en Lykiè sous les heureux auspices des Dieux. Et quand il y fut arrivé, sur les bords du rapide Xanthos, le roi de la grande Lykiè le reçut avec honneur, lui fut hospitalier pendant neuf jours et sacrifia neuf boeufs. Mais quand Eôs aux doigts rosés reparut pour la dixième fois, alors il l'interrogea et demanda à voir les signes envoyés par son gendre Proitos. Et, quand il les eut vu, il lui ordonna d'abord de tuer l'indomptable Khimaira. Celle-ci était née des Dieux et non des hommes, lion par devant, dragon par l'arrière, et chèvre par le milieu du corps. Et elle soufflait des flammes violentes. Mais il la tua, s'étant fié au prodiges des Dieux."

Il est dit, en effet, dans la légende, que la Chimère terrorisait la région, ravageant tout sur son passage, le Roi, en envoyant Bellérophon la tuer, espère donc faire d'une pierre deux coups. Mais Bellérophon, avec l'aide de Pégase, le cheval ailé, présent d'Athéna au héros, tue la créature en usant d'une ruse (comme c'est souvent le cas dans la mythologie lorsqu'un héros doit combattre une créature extraordinaire), il place un bloc de plomb au bout de sa lance et, en survolant la bête, le lui jette dans la gueule. Crachant des flammes sur sa proie, la Chimère, faisant fondre le métal, se retrouve brûlée de l'intérieur, elle meurt sur le coup.

Mais l'homme n'est pas mort alors le Roi lui adjoint deux autres quêtes : "Puis, il combattit les Solymes illustres, et il disait avoir entrepris là le plus rude combat des guerriers. Enfin il tua les Amazones viriles.

Comme il revenait; le Roi lui tendit un piège rusé, ayant choisi et placé en embuscade les plus braves guerriers de la grande Lykiè. Mais nul d'entre eux ne revit sa demeure, car l'irréprochable Bellérophontès les tua tous. Et le Roi connut alors que cet homme était de la race illustre d'un Dieu, et il le retint et lui donna sa fille et la moitié de sa domination royale. Et les Lykiens lui choisirent un domaine, le meilleur de tous, plein d'arbres et de champs, afin qu'il le cultivât. Et sa femme donna trois enfants au brave Bellérophontès : Isandros, Hippolokhos et Laodaméia."

Ensuite, la fin de Bellérophon diverge radicalement suivant les écrits. Le seul point commun étant la disgrâce du héros vis à vis des Dieux. Ainsi, chez Homère :

"[...]quand Bellérophontès fut en haine aux Dieux, il errait seul dans le désert d'Aléios."

D'autres affirment qu'il aurait essayé de gravir l'Olympe, se croyant l'égal des Dieux, et qu'il aurait soit été tué par les Dieux eux-mêmes, soit désarçonné par Pégase qui, en temps que progéniture du Dieu Poséidon, aurait refusé cet acte insensé ; on imagine aisément la chute qui s'en suit.

Remarque :

Les extraits de l'Iliade ci-dessus sont tirés de la traduction de Leconte de Lisle :

->les noms propres restes fidèles à la prononciation grecque.

Ecrit par Aurelien Duboc