Notre Chimère

L'insolite et le Fantastique

Le syndrome de Peter Pan

Ce Peter Pan qui nous anime tous…

Luc Ferry :

Il faut en finir avec le syndrome Peter Pan, avec l'idée qu'il ne faut pas sortir de l'enfance et que l'entrée dans le monde adulte est un déclin. Les jeunes veulent être écoutés, reconnus, respectés et aimés mais ils veulent aussi être guidés, c'est la finalité de l'éducation ", a estimé le nouveau ministre de l'Éducation qui veut

"rompre avec les politiques qui se sont dispersées en une multiplicité de mesures suivies de peu d'effets qui engendrent un sentiment d'impuissance ".

Jean-Claude Kaufmann, chercheur au CNRS.

« Historiquement, on n'avait jamais vu ça : une génération si jeune qui développe autant de nostalgie de l'enfance. Avant, entre 20 et 30 ans, on faisait tout pour se décrocher de l'enfance. On se prenait au sérieux, on endossait un statut, on se mariait, on fondait une famille. Aujourd'hui, ils veulent être enfants et adultes à la fois »

Introduction

Ce petit Peter Pan… Héros de notre enfance, il est un modèle pour tous les enfants! Nous avons grandi avec lui dans l’espoir de pouvoir, un jour, enfin, le voir se poser sur le rebord de notre fenêtre et de partir avec lui dans le pays du Jamais Jamais grâce à la poudre magique de la Fée Clochette. Un rêve qui pour certains est devenu réalité…

Vous croyez tout connaître de vos proches ?… Détrompez vous. N’importe qui peut être atteint de ce syndrome, votre ami, votre frère (si vous en avez un), votre fils, vous… Il est le résultat de toute une enfance difficile. Aujourd’hui, plus que jamais il est à prendre au sérieux.

Rassurez-vous, il n’est pas, en lui-même mortel, excepté si on ne le supporte plus (vers l’âge des trente- quarante ans).Il est à croire que la société d’aujourd’hui est en partie responsable de celui-ci en raison de ses lois et du modèle de vie qu’elle nous impose. La plupart des victimes sont des hommes aînés de familles modestes ou aisées. Il se peut quand même que des jeunes filles ou femmes soit touchées par le syndrome de Peter Pan.

Afin de mieux comprendre de quoi il en retourne, les travaux du Docteur Dan Kiley ont été d’une grande aide.

Plan psychologique de la victime.

Il est et cela malgré nos efforts, difficile de reconnaître une victime de ce syndrome. Intégrée socialement, elle fera tout pour cacher ses symptômes et il n'est pas dit qu'elle se rende compte de son état. Les seuls indices, inconscients ou non, sont sous forme de messages cachés. Pour aider celui ou celle qui le possède, il est nécessaire de bien le ou la connaître.

Les témoignages fais au docteur Dan Kiley permettent de dire qu'il se développe dès l'adolescence et se manifeste par tous genres d'incertitudes, d'insatisfactions. L'enfant montrera une dépendance financière vis-à-vis de ses parents. Plutôt que les soirées passées avecles membres de sa famille il préférera les sorties en discothèques. Sa vie sentimentale ressemble à un vrai sismographe bien qu'il ne le souhaite pas.Son modèle de prédilection n'est autre que son père et sa mère est la parfaite femme au foyer. Le milieu scolaire ne lui convient pas en raison de nombreux doutes vis-à-vis de ses choix concernant son futur. Il en est de même avec le travail dans une entreprise car il refuse d'être soumis à un patron. N'oublions pas que ce jeune homme reste avant tout psychologiquement un enfant et que l'éducation de ses parents et celle de la société sont en partie responsables de sa façon de vivre.

Adulte il devient quasiment l'opposé de ce qu'il était. Avare au point de vue économique, il ne cède qu'à ses caprices. Il aime toujours autant les sorties entre amis le soir, sa famille n'étant pas considérée comme importante. Les études ou son travail deviennent ce qu'il y a de plus important pour lui et il se voit exiger trop de lui même, de ses collègues et patrons. Bien qu'il ait grandi, son insatisfaction de la société et de lui même est toujours présente en lui et ne le quittera plus. Il est possible de dire que l'état fragile de sa psychologie est en partie responsable de ses problèmes sociaux et familiaux. Notre victime présente un blocage émotionnel, c'est à dire que ses émotions ou sentiments sont bloqués voire même intensifiés (la colère devient rage, la joie devient hystérie...). En définitif, elle ne sait plus ressentir et ne sait plus ce qu'elle veut. Elle a une tendance à la paresse (procrastination: remettre tout au lendemain). Adulte elle devient hyperactive et continue à se sentir impuissante socialement. Elle croit en la pensée magique, c'est à dire "si je le pense, ça se réalisera". Il va de soit qu'elle n'admet tout simplement pas ses erreurs et qu'elle ne sait pas s'excuser. L'adulte développe en lui de la culpabilité envers sa mère, ce qui l'empêche de gérer sa vie tout seul même s'il essaye de se libérer de l'influence maternelle. Il adule son père bien qu'il ait l'impression que celui-ci le déteste. Il ne conçoit pas que celui-ci puisse commettre d'erreurs, de peur de le voir descendre de son piédestal. Enfin il n'est pas capable d'assurer pleinement son rôle sexuel et finit par devenir narcissique et machiste. Il est bien entendu qu'une victime ne développe pas tous ces symptômes en même temps. De plus il est possible qu'elle n'en développe qu'un ou deux. Tout dépend de l'éducation reçut de la famille, de la société. Il faut près de quarante ans et plus pour être atteint en totalité.

Manifestation des symptômes.

Ainsi ce syndrome se développe sur une large période. Ce qui est une chance pour celui qui le possède pour un éventuel traitement. Car même s'il l'accepte pleinement il n'est pas bon pour lui de rester dans cet état là. Certains exemple de cas, cités dans Le Syndrome Peter Pan, ces hommes qui ont refusé de grandir de Dan Kiley, montrent bien qu’une thérapie peut être bénéfique aux victimes et parfois même aux proches. De douze à dix-sept ans le jeune développe quatre types de symptômes. - L'Irresponsabilité, qui apparaît avec:

- L'Angoisse qui est le résultat des problèmes conjugaux de ses parents et qui se manifestent par un manque certains de communication entre ceux-ci. L'enfant devient alors l'intermédiaire de messages cachés tous pris au premierdegré. Les uns provenant de la mère les autres du père, étant contradictoire l'enfant ne sait plus vers qui se tourner ni même quoi faire pour les aider. Ce qui évidemment n'est pas son devoir. - La Solitude qui est le reflet du manque de présence des parents. L'enfant pour combler le vide décide d'appartenir à un groupe et d'en devenir le chef pour ne pas risquer d'être expulsé. Il fait régner la terreur parmi les jeune et n'est soit disant adulé que parce qu'il est capable de maintenir le groupe en forme. Il va de soi que les autres ont trop peur de lui pour le contredire. Ce jeunes sont généralement d'une famille très aisée financièrement, les parents faisant eux même partis d'un "groupe" et ils trouvent naturel que leur enfant face de même. - Le Conflit à l'égard du rôle sexuel est la manifestation d'une crainte certaine envers la jeune fille désirée. Il est certains que ce jeune refuse que la jeune fille découvre qu'il est en tout point différent de ce qu'il laisse voir, un enfant dans le corps d'un "adulescent". Passé le cap des dix-sept ans, s'installe dans la période dix-huit - vingt-deux ans le refus de la société ainsi que le narcissisme et le machisme, - Le Narcissisme est une forme de vie intérieure, un monde imaginaire. L'adulte adopte des attitudes parfois rocambolesques et se tourne en ridicule. Les relations avec ses proches ne sont pas constructives et l'empêchent ainsi de se développer mentalement. - Le Machisme fait en en sorte que l'homme se prenne pour un héro. Il est intouchable, il ne se préoccupe pas de sa famille. Il va même jusqu'à faire croire à sa femme, qui n'arrête pas de se plaindre, que c'est elle qui a un problème et qu'il vaudrait mieux qu'elle aille voir un psychologue pour éviter que le couple ne se brise. De vingt-six à trente ans, la crise est passée et l'adulte commence à jouer le rôle du bon père de famille. Pourtant il se voile la face et se décourage, les doutes et les remords comencent à s'ancrer en lui. Il ne rement pas en cause sa façon de vivre ni son passé et ne trouve aucun "bouc émissaire" pour justifier ses problèmes. Sa vie n'est plus qu'un long chemin monotone... Il continu cependant à jouer son rôle d'adulte mûr jusqu'à ses qurarante quarante-cinq ans. Passé le cap de la quarantaine il n'a plus qu'un seul souhait, redevenir l'enfant qu'il était et tout oublier.

Conclusion

Il va de soi que si cette façon de vivre est traitée comme un problème psychologique, c'est en raison du mensonge qu'il inculque aux victimes. Vivre dans un monde de souvenirs amplifiés de bonheur n'est pas fait pour aider.Un drôle de Peter Pan est en nous. Et pourtant il n'est pas aussi drôle qu'il en a l'air.

L'accepter semble déjà un premier pas vers la vraie liberté. Maintenant il ne reste plus qu'à en parler à ses proches et ne pas hésiter à consulter. Il est même vivement conseillé aux proches d'aider la personne qui en souffre plutôt que de la laisser faire l'irréparable. »Il faut en finir avec le syndrome Peter Pan. »

Ecrit par Stéphanie Ortali